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Jan 06

Six Months Ago (Last One)

Ca fait une heure, le manque de sommeil et les Atarax m’ont groggy, mais je ne peux pas m’arrêter demarcher. Maintenant c’est toutes les 4 minutes,  je m’agrippe au fauteuil de toutes mes forces pendant la montée de la contraction, j’attends qu’elle passe, je crie quelquefois etje reprend ma marche.

Vers 00h30 je sonne la sage-femme.
« Ça c’est pas arrêté, je crois que le travail à réellement commencé »
Elle examine mon col, il n’a pas beaucoup bougé, 3 petits cms et il est toujours tonique.

Elle décide de me poser un monito, je dois m’allonger. La douleur est beaucoup plus difficile à gérer dans cette position, je lui en veux.
Me reviennent en mémoire les séances de sophrologie, entre chaque contraction je m’isole en moi même, je suis dans un état proche du sommeil mais je broie régulièrement le matelas entremes  mains.

1h du matin, toujours à 3, on m’injecte une perfusion de magnésium qui va assouplir ce satané col.
Je prend une bouffée de chaleur, ça me picote, drôle de sensation qui me fait oublier un temps les contractions, mais faut pas rêver, elles reprennent rapidement le dessus ces vilaines. 

2h, la sage-femme revient m’examiner « Le col est effacé et à 4,5, j’appelle le bloc, on vous descend. Préparez vos affaires,prévenez votre mari »
J’appelle Chéri-chéri, il ne décroche pas, j’insiste. Enfin sa voix ensommeillée me répond.
« On me descend en salle d’accouchement, viens vite » 

Un brancardier vient me chercher avec toutes mes affaires. Il a une bonne bouille et fait attention à ne pas trop me cogner dans tous les sens.

J’arrive en salle d’accouchement, je n’ai plus la force de me transférer du lit à la table de travail. A chaque mouvement que je fais, j’ai une contraction je commence àpaniquer.
Grâce aux encouragements d’une sage-femme, tout doucement j’arrive à me glisser sur la table, je dois rester assise et être bien centrée pour la pose de la péridurale. C’est dur,j’ai envie de pleurer. La sage-femme me donne sa main à broyer à chaque contraction.

Enfin en position, on me colle un tas de trucs dans le dos, l’anesthésiste arrive.
« Alors, on voulait pas de péridurale et finalement ça fait trop mal ? »
« CONNARD !!! Je veux juste la pompe, ne mettez pas de produit en continu »
« Je vais faire comme j’ai l’habitude »
« Non, sale enfoiré de ta mère, je préfère souffrir plutôt que rien sentir »


Je suppose qu’il doit hausser les épaules derrière mon dos, ces nanas, toutes des masos.

Je sens qu’il me pique et que l’aiguille de la péridurale s’enfonce. La sage femme devant moi m’aide à garder le dos rond. Je sens des picotements dans la jambe droite, je lui indique, ilrectifie le tir.
Enfin le cathéter est posé, avec une lenteur infinie je peux me rallonger et être à l’aise.

Je vois mon homme entrer dans la pièce déguisé en garçon boucher. Il a une blouse bleue jusqu’à par terre et une toque. Il prend place à ma droite. 

La péridurale commence à faire effet, je commence à moins ressentir les contractions. Je discute avec mon chéri, je lui raconte les détails de ma folle soirée. 

Il est 3h, mon col se dilate à toute vitesse. Les effets de l’amorce de la péri commencent à s’estomper, je sens mon bébé plus bas dans mon bassin. 
On me met sur le coté droit afin d’ouvrir mon bassin et de faciliter le travail. 

4h, je suis dilatée à 7. Les sages femmes me disent que je n’ai plus assez de contractions et que le monito du bébé est plat. 
C’est pas encore inquiétant mais ça veut dire que mon petit garçon dort dans mon ventre, elles aimeraient bien qu’il se réveille et montre plus de signes d’activités. 
En moi-même, je lui demande de se réveiller, de montrer qu’il va bien, un coucou, une carte postale, un fax, n’importe quoi sinon c’est direction césarienne. 

4h15, le médecin passe et demande qu’un prélèvement de sang soit effectué sur le cuir chevelu du bébé pour vérifier le pH foetal ainsi que l’oxygénation de son sang, entre temps onme pose un masque à oxygène. Je concentre toute mon énergie, tout mon souffle vers ce petit être.
Cet examen va durer une heure, une longue heure durant laquelle les sage femmes vont se succéder face à ma foufoune et me triturer pour obtenir un prélèvement correct.

Enfin, le prélèvement est réalisé, une sage femme part à l’examen tandis que l’autre est appelée pour une autre accouchée qui est sur la fin. Chéri-chéri et moi nous retrouvonsseuls. Nous savons tous deux que si les résultats de l’examen sanguin sont mauvais ce sera la césarienne. Nous avons déjà discuté de cette option, on sait à quoi s’attendre. 

Il est 5h15. D’un coup, j’ai mal, je sens le bébé, j’ai envie de pousser, j’ai l’impression qu’il est là, qu’il va sortir, je n’ai plus la force de sonner, c’est mon homme quiappelle quelqu’un, j’ai peur, je suis fatiguée.

Un sage-homme (on dit sage-homme?) se précipite
« Que se passe t’il? »
« Ça se voit pas trouduc chui en train d’accoucher. Je sens le bébé, je crois qu’il arrive ».

Il regarde
« Ne vous inquiétez pas madame, il est encore au fond mais si vous ressentez le besoin de pousser, ne retenez pas je vais chercher dumonde »

Il revient avec une de mes sage-femmes, elle m’annonce que mon col est complètement dilaté, qu’il ne reste qu’un quart d’heure. J’appuie sur la pompe de la péridurale. 
On m’injecte un produit pour intensifier les contractions qui sont irrégulières, de fait ça devient intense !

Je les vois préparer le matériel, je sais que je vais devoir fournir un dernier effort, un énorme effort, j’ai peur. Je sais que mon Chéri est à mes cotés, sa présence me donne de laforce.

Ce besoin de pousser est plus fort que tout, je n’ai plus de volonté, juste cet instinct animal qui m’ordonne de tout donner. 

Je les entends dire
« Allez encore 3 contractions et le bébé sera là »

« C’est bien ! Sur la contraction on respire, on respire, on bloque la respiration et on pousse, génial, allez on récupère avant lasuivante »

« Allez c’est la dernière, on pousse »

Je sens une douleur intense, la tête de mon fils est entre leurs mains

« On arrête de pousser, voilà… »

J’ai mal, je suis épuisée, ils sortent les épaules

« Tendez vos bras, attrapez le »

Entre mes jambes, je vois une petite chose grise, je ne sais pas ou je trouve la force de m’assoir pour l’attraper. J’ai les mains sous ses épaules et je le ramène vers moi.

Mon fils est né, il est là sur ma poitrine. 

Son petit corps est tout chaud et mou. Ventre à ventre, je découvre les contours de ce petit être, sa peau est d’une douceur que je n’aurai jamais pu imaginer. L’émotion est tropforte pour pleurer, je ne peux m’arréter de le caliner, de lui murmurer des paroles d’amour. Je regarde Chéri-chéri, il est debout à coté de moi, il est sonné. Il ne sait quoifaire. Je guide sa main vers le petit dos de notre enfant. Notre fils qui aura désormais besoin de sa papa et de sa maman.

Il est 5h37, mon accouchement a duré 7h. Mon fils pese 3kg490 et mesure 49cm. Il est en parfaite santé. Il a le petit menton rond et le nez retroussé de son papa. Je suis surun petit nuage. J’ai faim. 

Aujourd’hui mon petit garçon a 6 mois. C’est un petit coeur. Il en a appris des choses pendant ces 6 mois, etil a surtout été entouré de l’amour de son papa et de sa maman. 
Alors bon sixmoisiversaire mon petit Choup, je t’aime et je t’aimerai tous les jours de toute ma vie.


 

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