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Jan 06

Oublie les injures, n’oublie jamais les bienfaits, c’est Confucius qui l’a dit alors…

Je reconnais être très « second degré ».

Je manie la plaisanterie, la gentille moquerie, plus ou moins finement, mais en permanence.

C’est souvent déroutant pour mes interlocuteurs, et ça a posé des problèmes avec Chéri-chéri au début de notre relation, il lui arrivait de mal prendre certaines réflexions, qui n’étaientque boutades. Il a fallu qu’il s’habitue à moi.
C’est une timidité maladive qui a forgé mon caractère. Il est souvent plus facile d’aller vers les autres quand on sait qu’on va les faire sourire ou rire (ou pas)
Pourtant ça ne passe pas toujours. Quand je vois des « ???? » dans les yeux de mon interlocuteur j’arrive généralement à me ressaisir.

Sauf que…

Quelquefois ça dégénère grave.

Je travaille dans un open-space, nous sommes une petite quarantaine de collègues.
Je n’aime pas mon travail, mais j’aime mes collègues. Il y a le branleur qui passe sa journée à déambuler en buvant des cafés. Il y a la nerveuse qui pète un câble à tout boutde champ. Il y a le sportif qui aime travailler ses biceps tout en téléphonant. Il y a la douce qui n’a jamais un mot plus haut que l’autre. Il y a le fan de courses hippiquesqui parle de tiercé. Il y a le geek. Il y a le beatnik, Il y a la commère. Il y a des rires, des chansons, quelquefois des coups de gueule et il y a mes 2 copines qui ont le cœur sur la main et que j’aime énormément.

Quand j’ai commencé ce travail, le visage d’une des premières personnes que l’on m’a présenté m’a paru familier. Rapidement, je me suis rendue compte que cette fille avait déjà croisé maroute quelques années auparavant. Une jolie fille, toute menue, très douce. Tout de suite j’ai aimé sa présence féminine et délicate.

Les mois ont passé, sa relation amoureuse avec mon supérieur s’est terminée. Quand on travaille sur le même plateau, être ex doit être difficile à gérer.

Quelques semaines plus tard, j’ai eu la surprise d’apprendre de la bouche de deux de mes supérieurs que cette collègue ne supportait plus ma présence, et surtout le fait que je soisproche de mon supérieur, son ex.
Selon eux, elle était verbalement très menaçante, et ils craignaient qu’elle en arrive aux mains.
Je ne voulais pas les croire, je n’imaginais pas autant de violence, sortir de cette fille si douce.

Jamais elle n’est venue me faire le moindre reproche. J’ai fini par laisser couler l’eau sous les ponts et oublier cet épisode.
Une rupture est toujours douloureuse. Je pouvais comprendre que sa douleur s’exprime de cette façon.

Plus tard, mon supérieur a démissionné et elle a rejoint mon équipe. Certains collègues, à l’affût de croustillant, ne cessaient de venir me voir « ça va aller avec …? » Je suppose qu’ilsdevaient lui poser la même question.

Et ça a très bien été.

Nous nous sommes tout de suite entendues au niveau professionnel, puis finalement on s’est bien marrées ensemble.

Jusqu’à il y a environ 1 an. Une collègue qui avait intégré l’équipe, s’est complètement désintéressée du travail, jusqu’à passer ses journées complètes en conversation téléphoniquesprivées. Autant je n’aime pas mon travail, je déteste encore plus cette attitude qui fait du tort à toute l’équipe.
Je n’ai pas été tendre avec cette collègue. Elle désirait démissionner et le faisait savoir haut et fort, je n’attendais que ça et le faisais savoir haut et fort.

Les deux s’entendaient très bien, et je me suis peu à peu détachée d’elles. On me rapportait de plus en plus de propos très agressifs tenus par ces deux collègues à mon encontre. Jen’osais plus passer à proximité de la machine à café par peur de me retrouver la tête encastrée dedans. Elles étaient devenues très violentes verbalement.

La tension était palpable dans notre service, l’ambiance pesante, il fallait que ça craque.

La feignasse étant absente pour une raison X ou Y, on veut me passer un de ses clients … et j’ai refusé. J’en avais raz le bol, d’être regardée de travers par les deux, raz le bol d’avoirà démêler les problèmes créés par l’incompétence de la feignasse. J’ai juste eu envie de ne pas être la gentille et de les laisser se démerder toutes les deux puisqu’elles s’entendaient sibien.

C’est là que ça a craqué.

« Tu n’es qu’une hypocrite »
« Je n’ai jamais pu te supporter »
« Tout m’énerve chez toi »
« Même ta façon de marcher me dégoûte »
« Tu te crois meilleure que les autres »
« Tu es capable d’écraser les gens pour réussir »

C’est en gros ce que j’ai entendu de la part de ma collègue, je pense avoir répliqué, méchamment même peut être. J’avoue que je m’en souviens peu, j’étais transformée en boule de nerfs.
Je suis certaine que ça a été violent, et que ça n’a rien réglé, nous n’avons fait que nous balancer des méchancetés à la face.

A la suite de ça, je suis restée absente quelques jours, j’étais enceinte et j’avais besoin de prendre du recul avant de retourner les affronter.
Bien m’en a pris, car à mon retour, la feignasse avait démissionné, non s’en m’avoir envoyé un mail contenant les pires saloperies de la terre. Mélange de mauvaise foi, de jalousie et destupidité.

Le calme est soudain revenu après cette tempête.

Je suis longtemps restée sur mes gardes, me contentant, avec ma collègue de n’avoir que des conversations strictement professionnelles. Petit à petit, l’atmosphère s’est détendue, nous avonsrecommencé à plaisanter, à se parler un peu.

A chaque fois que je suis passée au travail pendant mon congé parental avec mon petit Choup, elle a toujours été adorable, on a discuté comme deux vieilles connaissances. Un tel revirementde situation m’a toujours intrigué, car dans ma logique, soit on aime quelqu’un, on lui fait confiance et on lui pardonne, soit on ne l’aime pas et dans ce cas on l’évite.
Ce qu’elle m’a dit m’a semblé être l’expression d’une haine féroce et pourtant aujourd’hui on dirait que rien n’est arrivé.

A trois jours de retourner travailler, je pense à elle de plus en plus souvent. Je n’ai jamais compris pourquoi nos relations sont si chaotiques, ni la raison pour laquelle, finalement j’aide la tendresse pour celle que j’aurai normalement rayé de ma vie à la suite de son premier coup de Trafalgar.

Vous en pensez quoi de cette relation compliquée ? Les conflits chez vous ça segère efficacement ou ça se laisse étouffer ?

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