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Avr 02

Et la famille s’agrandit (Soudain, c’est le drame)

Si vous n’avez pas suivi les précédents épisodes, allez les lire rapidement : Episode 1 et Episode 2

nNous y sommes à ce fameux lundi.nJe suis angoissée et ravale mes larmes jusqu’à 9h, heure à laquelle je dépose GumBoy à l’école. A peine rentrée à la maison que mes yeux explosent, je chiale toute la matinée, je braie devant mon ordi, devant la télé, sous la douche, je balance des larmes plein le repas que je suis en train de préparer. Voilà le babyblues auquel j’avais échappé qui me revient dans la gueule en mode XXL.nMon homme me manque, j’ai l’impression d’être au bord du précipice.
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nPour compléter le tableau, MissT a décidé de devenir chiante, mais vraiment chiante. Elle commence à défaire les nuits, elle qui s’endormait mignonnement au sein et que je reposais doucement dans son lit pour plusieurs heures commence à me solliciter toutes les 20 minutes pendant une grande partie de la nuit. Je ne veux ni la laisser pleurer, ni la prendre avec nous dans notre chambre pour préserver le sommeil des autres membres de la famille, aussi je passe mes nuits à faire des allers-retours.
nNe sachant jamais si je peux me permettre de me rendormir, je lutte contre le sommeil et quand je tombe finalement de fatigue, je me réveille les membres douloureux d’avoir dormi crispée en serrant les poings.
nLes jours passent, les nuits sont de pire en pire. Chaque soir MissT hurle, chaque soir l’heure de son coucher est de plus en plus tardive. Je ne peux plus prononcer une phrase qui n’aborde pas le « sommeil » ou « l’allaitement » ou les « pleurs ».
nJe suis épuisée, m’occuper de ma fille ne me procure aucun plaisir, les changes, l’habillage, le bain, les tétées, je fais tout ça de manière mécanique avec l’impression que le lien qui nous unissait se défait peu à peu.
nMissT a 3 semaines et je m’enfonce de plus en plus, une nuit à 4h30, alors qu’elle me fait galérer depuis 2h du matin, je craque, je l’attache dans son cosy, j’enfile mes converse et part faire le tour de la ville en bagnole, il fait -12° dehors, je suis en pyjama, elle continue de gueuler. Je hurle à mon tour « Quoi? Qu’est ce que tu veux? Je ne peux rien faire de plus!!!!! » Elle s’endort, il est 5h du matin, je la laisse dans son cosy et attend son prochain réveil à 6h50.nCe matin là, je réalise ma connerie et décide de tenter une nouvelle solution. Je demande à DrumMajor de m’installer un matelas dans la chambre de MissT sur lequel je pourrai l’allaiter couchée et me rendormir, je manque trop de sommeil.
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nCommence alors une nouvelle période, je m’endors le soir dans mon lit, puis lorsque MissT m’appelle, je me recouche avec elle au sein, dans sa chambre. Je m’écroule de fatigue et la laisse tétouiller. Cette solution me procure l’avantage d’au moins récupérer quelques heures de sommeil, mais je deviens schizophrène du sommeil, ne sachant jamais dans quel lit je vais me réveiller et je suis malheureuse.
nLa journée, je continue de pleurer, je regrette tellement d’avoir voulu un deuxième enfant. Nous étions tellement bien à 3. C’est de ma faute, j’ai voulu un bébé, je le paye au prix fort. De toutes façons, je n’ai aucun plaisir à ce que je fais, j’ai envie de me barrer, de laisser tout le monde en plan. Un jour alors que je franchis un pont au dessus de la voie ferrée, j’ai envie de me jeter par dessus la balustrade, qu’est ce que ça va changer, de toutes façons je ne sais pas et je n’aime pas m’occuper de mon bébé.
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nUne émission Les Maternelles, consacrée à l’allaitement long me fait chialer une journée complète, J’avais entendu tant de belles choses sur l’allaitement et finalement je me rend compte que je n’y prend aucun plaisir, je passe mes journées avec ma fille pendue à mon sein, j’ai peur de devenir un tétine géante. Je n’ai aucune sensation positive lors des tétées, au contraire ça m’emmerde copieusement.
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nMissT a 5 semaines, c’est le soir de la Saint Valentin, rapide introspection : je suis moche, épuisée, poilue, je pue le lait caillé, mes cheveux sont gras, super !
nCe soir là, comme à son habitude, MissT ne veux pas dormir, je passe la soirée à faire des allers-retours. Plusieurs fois, elle s’endort profondément au sein, je la pose délicatement dans son lit, une seconde plus tard ses petits yeux s’ouvrent grand, deux secondes plus tard elle hurle. Au bout que quelques heures de ce manège je sens une rage monter en moi, une colère d’une puissance incontrôlable m’envahit. J’ai envie de hurler à mon tour, je tape des poings dans les murs jusqu’à en souffrir! Merde!!! cette pétasse va-t-elle un jour arrêter de me faire chier!!!!! La violence inouïe de ma colère me fait flipper, une fois la vague passée, je réalise que je ne vais pas bien, que je ne réagis pas de façon normale face à une situation banale que vivent toutes les mères avec leur nourrisson.
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nCe soir là, DrumMajor donne à MissT son premier biberon de lait que j’avais tiré en prévision de jenesaisquoi pendant que je pleure et pleure encore. Et cette envie de me barrer qui ne me quitte pas …
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nSuite et fin demain.

(11 commentaires)

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  1. Marie

    Pas facile de déséquilibré une famille de 3 en ajoutant un 4ème membre. Tu es vraiment passée par des moments très sombres.
    Ici ça n’a pas toujours été rose non plus, sans aller aussi loin car j’ai la chance d’avoir mon homme qui finit le travail à 10h le matin et m’aide donc beaucoup en journée. Encore maintenant il y a des phases difficiles, mon fils est vraiment plus dur à vivre que sa soeur au même âge, on s’adapte comme on peut.

    >> Avec le recul je me rend compte que MissT est vraiment très très facile à vivre, mais j’ai fait un rejet total. Heureusement ça s’est terminé rapidement

  2. sysyinthecity

    ce n’est pas évident, moi aussi ça été difficile avec le petit n°5!
    mais plus tu seras tendue elle le sentira et ne sera pas bien. essaie de détendre.. c’est difficile en quelques mots de te conseiller
    courage !

    >> Heureusement tout celà est derrière moi maintenant mais effectivement je n’hésite jamais à parler à mes enfants même si ils ne sont pas en age de comprendre, ils peuvent ressentir.

  3. PetitDiable

    Et c’est l’engrenage…tu es si mal que la petite le ressent, et elle est tendue aussi, etc…
    Ca m’a beaucoup touchée de te lire, c’est dur parfois les premiers temps, le manque de sommeil est une des pires tortures je pense.
    Je suis contente en te lisant de savoir que tu t’en es sortie, sinon j’aurais vraiment paniqué en te lisant!

    >> Je me souviens que le manque de sommeil m’avait bien cassé à la naissance de GumBoy mais là! C’était horrible, ce sentir vide, inutile, plus bas que tout. Avoir une envie de me barrer loin loin en permanence. C’était pire que mon adolescence 😉

  4. NiouzMum

    Pas de mots pour commenter mais merci pour ce billet (et heureuse de savoir que c’est derrière toi maintenant )

  5. MissBrownie

    Dur… Je n’avais pas réalisé que tu avais été si mal.
    Heureusement, c’est derrière toi.
    Avec la fatigue, je crois que parfois on supporte peu de choses…

    >> Tes petits mots sur FB m’ont fait du bien à cette époque alors merci 🙂

  6. babidji

    ca fait mal très mal de te lire mais j’ai eu ces sensations, ces pétages de plomb, certes en 10 fois moins fort … mais je t’admire de ne pas avoir commis le geste de trop car j’ai bien conscience que dans ces moments là, dans ces périodes de manque de sommeil extrêmes, nous sommes une autre ! et c’est très bien que tu en parles car ça peut décidément aider d’autres mamans qui le vivent à l’instant T !

    >> J’ai beaucoup hésité à témoigner de cette période noire mais j’ai été face à trop de gens qui n’ont pas reconnu mon état comme étant relativement grave, donc je veux dire en écrivant ces mots que ce n’est pas grave, qu’on est pas un mauvaise mère pour autant et surtout qu’on peut s’en sortir

  7. cleanettte

    On commence à en parler de plus en plus mais quand on est dedans c’est forcément difficile comme dans toute situation dépressive.
    J’en ai chier avec Fiston qui était vraiment un bébé difficile parce que Bébé aux Besoins Intenses. Tellement que moi qui était convaincu que l’écart d’age idéal était de 2 ans n’ai pas réussi à avoir envie de 2ème avant les 2 ans de fiston. Mais on a eu la chance qu’il soit le premier. Et du coup pour la puce même en ayant son frère à gérer à coté, ça restait du gâteau.

    >> Le pire c’est que finalement MissT est une crème de bébé à coté de son grand frère qui est beaucoup plus sensible et en demande d’attention. Je me souvenais d’en avoir chié avec le premier, la difficulté des nuits, l’allaitement raté, mais j’étais tout de même heureuse d’avoir un bébé, contrairement à MissT, ce qui était insupportable c’est que finalement je ne pouvais pas la blairer, horrible pour une mère!

  8. LamamandeEma

    J’ai essayé de te soutenir du mieux possible. Mais la distance fait qu’il n’y a que des paroles alors qu’un coup de main dans la journée pour t’aider à te reposer aurait peut être été bénéfique. La dépression post parfum est terrible surtout quand tu as un enfant difficile et exigent(cf ta sœurette). Je sais que maintenant ça va, mais tu as bien réagi au bon moment pour t’en sortir. Tu es forte

    >> Merci pour les vacances de Février, ça m’a beaucoup aidé!

  9. Sarah

    Emma je n’avais pas réalisé que c’était aussi dur… Je veux dire qu’on voyait bien que ça n’allait pas fort… je suis contente que ça aille mieux, que tu lui fabriques des petits sert-têtes pour ses 3 cheveux sur le caillou, que le lien entre vous est établ, et puis que tu te fasses toute belle (l’allaitement a du bon pour ça, n’est ce pas? ) Contente aussi que Gumboy vienne toujours à la crèche pour te voir au moins une fois par semaine !
    Moi aussi j’ai parfois envie de tout lâcher quand les deux s’y mettent, hi hi hi…
    Tu as pensé à garder une trace de tout ça (peut être tout simplement imprimer cette page de blog) pour missT dans 15 ans? Ne pas tout enfouir car ça fait partie de vous deux?
    des bisous

    >> D’ailleurs vous étiez en vacances cette semaine? Une trace écrite c’est important mais dans 15 ans quand ce sera une ado à la con, tout ce qu’elle retiendra c’est « pffff, ma grognasse de mère elle a jamais rien compris, de toutes façon elle m’aime pas depuis que je suis née ». Et moi je lui dirai « Ma p’tite chérie, qu’est ce qui te ferait plaisir? » 😀

  10. Sarah

    effectivement… pas dans 15 ans… peut-être plus tard. Au moment où elle même attendra un bébé (oulala je me projette trop ! ) mais je sais que quand j’attendais Anna on avait beaucoup discuté avec ma mère. j’ai pratiquement été élevé par ma grand mère jusque 2 ans car mes parents étaient très occupés et j’avais besoin d’avoir des éclaircissements. C’était le bon moment pour une discussion apaisée où on sait bien que nos parents ne sont pas parfaits et qu’ils ont fait ce qu’ils pouvaient. A l’aube d’être parent ça devient carrément plus clair ! Je garde une certaine tendresse pour cette discussion mère-fille un peu gênée, un peu gauche, à demi mots mais qui nous a fait du bien à toutes les deux. C’est pourquoi j’ai toujours pensé qu’il ne faillait rien mettre sous le tapis quand on a des mômes ! Sinon mercredi à la crèche on fait l’anniv d’Anna. Vous venez Samedi? bizzz

    >> C’est marrant comme on comprend mieux et on pardonne à sa mère quand on le devient à son tour. mercredi on est là. Samedi c’est chez vous?

  11. Sarah

    t’as pas reçu mon mail pour samedi?

    >> Vu et répondu 😉

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