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Jan 07

Charlie

Ce matin j’avais commencé un billet, mais je n’arrivais pas à le terminer, il manquait de rythme. Je n’étais pas satisfaite.

Ce midi, je m’étais cafouillée dans les réservations de cantine, de centre aéré, bref, je me retrouvais à manger en tête à tête au restau avec GumBoy. On se faisait une orgie au buffet de dessert et nous rêvions tous deux de faire le centre et le travail buissonnier. De rentrer à la maison et de regarder des dessins animés toute l’après-midi. 

C’est en remontant dans la voiture après cette parenthèse enchantée que l’horreur m’est tombée dessus. A la radio aucun reportage sur le marronnier de la saison : l’ouverture des soldes. Non, à la place une avalanche de mots rouges comme le sang, fusillade, attaque, attentat, morts, blessés, état grave, armes lourdes. 

Aujourd’hui, des êtres humains ont pénétré les bureaux du journal Charlie Hebdo et ont ouvert le feu pour tuer d’autres êtres humains. Ou va le monde ???

Depuis que je suis rentrée au bureau, je suis scotchée aux sites d’info en continu, hypnotisée à twitter, J’ai des frissons glacés qui me parcourent le dos et le crane par intermittence. Je suis remplie de larmes mais je ne m’autorise pas à les laisser couler. 

J’entend derrière moi mes collègues pour qui la vie continue, pour qui cette info n’a l’air d’avoir aucune importance. Pourtant tous ces gens qui sont morts sous le feu de la barbarie se sont certainement rendus au travail ce matin insouciants comme elles, peut être même gloussaient ils bêtement comme elles quand le drame est arrivé. 

Ceux qui sont morts aujourd’hui défendaient la liberté, la liberté d’expression. Ceux qui ont commis ces meurtres s’attaquaient à la liberté d’expression et à la profession de journaliste dans son ensemble. 

Qu’attendent ils ces meurtriers ? Qu’on ferme nos gueules ? Qu’on élève nos enfants dans la peur et les non-dits ? 

Le rédac’chef de Charlie Hebdo, Charb disait « Je préfère mourir debout que vivre à genoux« , aujourd’hui il est mort assassiné par des cinglés qui veulent qu’on ferme nos gueules et qu’on baisse la tête. 

Alors non, je ne laisserais pas couler mes larmes aujourd’hui, j’ai toujours défendu la liberté, la liberté d’expression, ma liberté de femme (qui je le rappelle est un être humain à part entière), la liberté de disposer de mon corps comme je l’entend, la liberté de parler de dire des conneries. Cet après-midi j’ai la rage de vivre, de continuer à faire ce qui me plait et d’aimer ceux qui m’entourent dans toutes leurs différences. 

Aujourd’hui je me souviens à quel point j’aime la liberté !

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(5 commentaires)

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  1. Gaëlle-Lyllcreation

    Merci, merci pour ton article, pour ta pensée et pour tes larmes que tu ne fais pas couler et que je fais volontiers couler pour toi.

    nnn

    C’est juste horrible, incompréhensible, barbare…Mais tu as raison, ne laissons pas mourir notre liberté

  2. lesluluberlues

    Pourquoi? mais pourquoi?
    nPourquoi eux? parce que la liberté d’expression pose problème?
    nOu va t’on, ce soir j’ai le cœur serré, les larme aux yeux en pensant aux victimes et à leurs familles…
    nJe lutte chaque jour pour ma liberté,celle des mes enfants pour que personne n’oublie que nous sommes libres dans ce putain de monde.

  3. Allychachoo

    Merci pour ton article. Je suis sans mot devant cet attentat. La liberté d’expression devrait aller de soi putain…

  4. sophie-mum

    Depuis 14h je n’ai pas le coeur à rire, pas parce que j’ai peur (un peu) mais parceque aujourd’hui des innocents sont morts des familles sont endeuillés pour « rien » putain de monde !!!!!

  5. Elodie mum

    Je suis sous le choc, et j’ai du mal a trouvé les mots, tu les a un peu trouvé pour moi … et j’ai profité pour citer ton article dans mon billet tout frais …

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