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Avr 14

Celle qui ne voulait plus vivre sa vie comme une autre

Il y a quelques jours je suis tombée sur cet article dans ELLE.fr intitulé « Un jour j’ai quitté mes enfants » je l’ai lu, je m’y suis identifiée un peu, forcément on s’identifie toujours un peu, puis je suis passée à autre chose, parce que j’ai toujours autre chose à faire. Et ce weekend j’ai lu un article de Cranemou qui y faisait écho, un article qui diffère radicalement de la Cranemou que je lis d’habitude, alors je m’y suis attardée un peu, ses mots m’ont donné à réfléchir.

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« Vincent est devenu stressé. A la maison, il me laissait décider de tout : scolarité, activités extrascolaires, vacances. De leur côté, mes enfants se sont habitués à me savoir toujours là. »

Ces mots lus dans l’article de Elle, j’aurai pu les écrire en remplaçant le prénom Vincent par celui de DrumMajor. Oui mon mec est devenu stressé, absent physiquement. Non il ne sait plus s’occuper des enfants qu’en leur hurlant dessus. Oui mon agenda pourtant rose et girly est plein à 80% des to do lists principalement dédiées aux gosses et à leurs activités. Oui les enfants se sont habitués à me savoir toujours là, à tel point qu’ils me considèrent comme un meuble et qu’ils m’écoutent à peine quand je parle.

Et pourtant, j’ai la chance, immense et insolente chance d’avoir un mec qui s’investit, qui fait ce qu’il peut, qui en crève de ne pas voir ses gosses, qui m’aide du mieux qu’il peut, même si ce n’est pas suffisant pour que je n’ai pas l’impression d’enchainer 3 boulots dans la journée.

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« J’ai compris que j’avais arrêté de vivre ma vie en vivant celle dont on m’avait flanqué l’étiquette depuis longtemps. J’étais la maman de, la femme de. Mais plus moi.»

Ces mots-là je les pique à Natacha parce qu’ils résonnent de façon si juste. Je ne compte plus les fois où je me suis couchée le soir avec cette impression d’être à côté de moi, de vivre la vie d’une autre.

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Alors oui, depuis que je suis toute petite on dit de moi que je suis bohème, hippie, libertaire selon les saisons. Je n’ai jamais su en quoi c’était péché que d’aimer la liberté à la folie et de défendre farouchement mes droits d’individu.

Oui je sais également que ça ne va pas aux « gens comme moi » l’habit de femme de ou le costume de maman. Mais que veux-tu ? Par une étrange dichotomie je suis devenue folle amoureuse d’un mec au point même qu’on fasse non pas 1 mais 2 gosses. Alors qu’est-ce je fais ? Je me laisse coller une étiquette ? Je me plie aux conventions ?

J’ai oublié qui j’étais à plusieurs reprises dans ma vie. Les gens, la société aiment tellement nous mettre dans des cases que j’ai tenté, j’ai joué à l’épouse modèle, ça c’est fini dans le sang, les larmes et les bleus. J’ai joué à la mère modèle, ça c’est fini par une dépression du post-partum. J’ai joué à l’employée modèle, ça c’est fini en burn out. Trois expériences, trois échecs, j’arrête de jouer un rôle et tant pis si certains estiment que je ne suis pas la sœur modèle ou l’amie modèle.

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Et j’ai toujours la chance immense et insolente d’avoir un mec féministe, qui ne m’aime jamais tant que lorsque je reviens d’une sortie seule ou d’un weekend entre copines le cœur léger et le sourire aux lèvres. La chance immense et insolente d’avoir un mec dont le regard pue la fierté lorsque je descend de scène après un numéro d’effeuillage burlesque. La chance immense et insolente d’avoir un mec qui se marre à chacune de mes lubies, qui me dit « envoie moi un texto quand tu te remets en route du bistrot », qui me laisse un petit morceau de chocolat sur le bar si il se couche avant que je ne sois rentrée. J’ai la chance d’avoir ce mec rêvé qui ne prétend pas à ce que je lui appartienne.

J’aime DrumMajor et mes enfants au dernier degré et sans aucune concession. Et pourtant je continue de m’aimer moi aussi et je n’oublie plus jamais de ne pas m’oublier. Je me sens libre, j’ai encore la possibilité d’être seule face à moi-même. Évidemment ça dépend des périodes mais mon alarme interne est bien au point et elle n’oublie plus de sonner l’alerte quand j’ai un besoin urgent de liberté. Et finalement c’est quand j’ai respiré l’air à pleins poumons, lorsque j’ai ri de bon cœur, que j’ai trop bu ou que je me suis chouchoutée que revient ce besoin irrépressible de les retrouver mon mec, mes enfants, ma famille.

(11 commentaires)

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  1. sophie-mum

    tu sais je pense que si j’étais encore avec le pere de ma fille je serais comme ça je me serais oublié moi et le fait d’être maman solo ok je suis sur tous les fronts toute seule mais je peux etre moi prendre du temps pour moi etre femme et pas que maman et du coup hyper sereine dans ma tete 😉 voici ma petite experience bisous

  2. Miss Pivoibulle

    Bravo mais BRAVO gros clape du matin holà qui va avec. Un pour ton article super bien écrit qui aborde un sujet dont les médias commencent à parler mais quand même pas trop fort hein. Pour cette prise de conscience, le fait d’appliquer au mieux les changements pour te sentir bien et bravo à Monsieur et sa façon de fonctionner. J’iame lire qu’un homme est féministe car oui c’est possible non ce ne sont pas nos ennemis loiin de là, mais nos alliés. Et oui mon dieu oui nous avons tendance à nous oublier et pas rien. Se reprendre en main, apprendre à respirer en prenant notre air en dehors des contraintes familiales est un véritable effort au départ. Le déchirement « mon dieu je sors je confie mes enfants pour m’amuser, mauvaiiise mèreeeeuu ». Et puis nous nous rendons compte que c’est tellement ressourçant d’avoir ce genre de moments. Que finalement cela est aussi positif pour nos lutins et nos conjoints que adieu remords^^ Désolée pour le pavé mais vraiment j’ai beaucoup aimé ton article^^
    nBonne Journée^^

  3. femin'elles

    Hello
    nJe rejoins Sophie, pendant des annees j’ai vecu ma vie de Maman en m’oubliant completement. Deux ans que je suis solo, et j’ai redecouvert mon ‘moi’ et toute cette liberté perdue dans mon rôle exclusif de Maman pendant toutes ces années. Je n’ai pas su comment faire pour etre autre chose que Maman sur tous les fronts!

  4. skull and beauty

    merci pour cet article, pour ces mots …. c’est difficile d’être à nouveau soi, pour ma part, ça fait vraiment du large autour de moi, des amis …. ca veut aussi dire, être incomprise … être suspectée de … Pourquoi ai-je tant besoin de liberté alors que j’ai tout ce qu’il faut à la maison ? et pourquoi devrais-je me contenter de ça justement ?
    nAlors comme toi, je ne m’oublie pas, et j’affronte mon entourage avec défi, et laisse ceux qui veulent partir , et bien partir …. Mais ce n’est quand même pas simple tout le temps …. j’ai jamais demandé cette étiquette, mais les gens ça doit les rassurer de te savoir dans telle ou telle case ….

  5. missbrownie

    L’important est de se sentir bien dans ses baskets, d’être en adéquation avec soi-même et tu y arrives très bien. Puis tu as trouvé le mec parfait pour ton tempérament 🙂

    nnn

    Je pense que certaines femmes aiment leur rôle de mère.

    nnn

    Moi j’aime avoir mes moments de solitude et voir mes amies de temps en temps, rien d’extravagant. Bref j’ai trouvé un équilibre qui me convient depuis que je bosse de chez moi et ça me va très bien.

  6. mamennord

    Très bel article !
    nJe pense avoir lu le même article récemment et je l’ai partagé. .. scandale général …
    nAlors merci d’écrire tout ça à une époque où osé dire que l’on a besoin de temps pour nous en tant que Nous et sans enfant peut être nécessaire et salvateur!

  7. Mel

    Un grand bravo, je partage à 100%. A la maison c’est pareil. Je bosse à temps plus que complet, je vais au sport sur ma pause déj du midi car mon mec à moi bosse 60h semaine et crève de ne pas voir ses mômes aussi souvent qu’il le souhaiterait. Heureusement, dès qu’il est à la maison, il m’aide comme il peut. C’est vrai que c’est très difficile de trouver du temps pour nous chouchouter. Je commence à y arriver dans cet emploi du temps de dingue et avec mes deux petits de 1 an et 3 ans. Je me fais même un resto samedi soir avec ma meilleure amie (chose qui n’est pas arrivée depuis tellement longtemps) et pas trop loin de la maison comme ça nous rentrerons à pied 🙂
    nSurtout continue, je suis une de tes plus fidèle lectrice depuis toujours.
    nGros biz

  8. Aloès

    Parfois je me sens légèrement coupable de vivre ma propre vie loin du mari et des enfants. Et puis je tombe sur un billet comme celui de Cranemou et je me dis que si, j’ai raison de le faire, parce que c’est mon équilibre. Ma raison d’aller bien et d’affronter le quotidien. J’ai la même chance que toi d’avoir un homme qui m’aime pour ce que je suis et ne cherche jamais à me mettre dans une case ou une autre. Ca aide beaucoup, c’est vrai, même si ça ne tient qu’à nous d’imposer nos besoins, ce qui n’est pas toujours facile dans la société où l’on vit. Merci de ton témoignage 😉

  9. Miss Dada

    Quand je suis devenue mère, je n’étais plus que ça. je n’ai plus été que ça pendant des mois. Aujourd’hui je suis redevenue moi et prendre du temps pour moi je le juge non pas nécessaire mais indispensable, sinon je pèterais un câble! ça signifie des moments sans ma famille mais ils en ont aussi besoin, on trouve ainsi un équilibre. C’est pas toujours évident avec tout ce que la société fait peser sur les épaules des femmes

  10. Pacotille

     » Libérée, Délivrée
    nJe ne mentirai plus jamais
    nLibérée, Délivrée
    nC’est décidé, je m’en vais
    nJ’ai laissé mon enfance en été
    nPerdue dans l’hiver
    nLe froid est pour moi,
    nLe prix de la liberté. « 

    nnn

    Désolée… J’étais obligée de l’écrire…. 🙂 🙂

  11. babidji

    oulala je crois en fin de compte qu’on est une sacrée brochette de blogueuses ds le même état d’esprit … mais ça ne m’étonne pas car je pense que blogger reflète ce besoin de liberté, d’affirmer son identité en fin de compte. Moi aussi j’ai la chance inouie d’avoir un mec qui me laisse sortir voir mes copines, faire la folle pr mieux me retrouver légère et libérée ! Je crois que la confiance est le fondement principal d’un couple qui peut fonctionner comme ça ! Et bien sûr ça marche en sens inverse, lui aussi voit ses pets. Ca ne nous empêche pas aussi de faire des megas teufs ensemble comme ce soir à la maison 😉 J’ai aussi cette chance insolente comme tu dis si bien d’avoir un mec qui accepte tous mes caprices et qui me suivent dans tous mes délires ou mes porpositions de style de vie qui changent tous les mois pr ainsi dire 😉 ais si demain je lui dis on part vivre à barcelone ou à delhi il me suit, si demain je lui dis j’ai trouvé un job où je serai svt en déplacement ou mm de nuit il me soutiendra ! faut qu’on les menotte en fait nos mecs pr ne pas se les faire piquer ;)))

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