Ce matin j'ai pourri mon fils, mais vraiment je l'ai pourravé et ensuite je m'en suis voulue.

En ce moment GumBoy traverse une phase où il raconte tout et son contraire. Trouver la vérité dans son discours est aussi compliqué que de trouver un morceau de truffe dans un plat préparé Fleury Michon. Il ment pour tout et pour rien, il raconte des craques.

On va avoir un problème car j'ai une réaction aussi épidermique qu'excessive au mensonge : ça me fout la gerbe. Il faut dire que j'ai vécu plusieurs années avec un mythomane et que je suis sortie de cette "expérience" marquée à vie.

Je vous propose une mise en situation :
Table du petit déjeuner, intérieur, jour.

- Gum, t'as fini ton petit déj ? Tu dois faire caca ?
- Oui
- Vas-y et appelle moi quand tu as terminé.

Déjà remarquez la finesse et la distinction des dialogues qu'on a à a table familiale.
Le revoilà déjà en train de se reculotter.

- Maman! j'ai fait un gros caca
- Bah attend, je t'avais dit de m'appeler, faut t'essuyer les fesses

Direction les toilettes que je retrouve aussi blancs et vides que l'immaculée delafon

- Bah mais t'as rien fait là ?
- Mais si regarde, il est là mon caca!

Ce qui est sûr c'est que je n'ai pas la berlue, donc mon enfant me ment

C'est là que je l'ai pourri, je vous passe les détails du "je suis en colère" à "tu m'as déçu" ça n'en vaut pas la peine (je préfère faire des lignes sur le caca tu vois)

Puis je m'en suis voulue, parce qu'à trois ans est-on vraiment conscient de la barrière existant entre la réalité et l'imaginaire? Et surtout à trois ans est-on prêt à supporter tout une journée sur ses épaules la déception de sa maman?

A son age, affirmer une chose c'est la rendre vraie, la nier c'est la faire disparaitre. A trois ans "les enfants maquillent la vérité parce qu’ils sont guidés par leur « pensée magique » jusqu’à ce que le développement de leur intelligence leur permette de distinguer la vérité et des mensonges malsains." (source www.mamanpourlavie.com)

Il n'a donc pas menti pour me faire plaisir ou simplement pour ne pas se faire disputer mais simplement parce qu'il n'a pas encore le discernement nécessaire pour faire la part entre le mensonge et la vérité.

Je l'ai donc pourri, pour rien. Et je vais devoir m'excuser auprès de lui et je crois les doigts très fort pour qu'il ne passe pas une journée de brin à cause de moi. Tiens je vais appeler la crèche là-maintenant-tout de suite pour savoir comment il va...