C'était l'heure du goûter, enfin pas loin, j'interrompais la sieste de mon petit homme. Pas motivé il enfouissait la tête sous les draps.
Petit chat, ça t'intéresse de laver la voiture avec Papa ?
Les mots magiques! aussitôt sa petite bouille encore ensommeillée me faisait un grand sourire et il descendait de son lit.
Il faisait chaud samedi, assez chaud pour s'amuser un peu avec le tuyau d'arrosage. Moi je m'affairais à décaper une table à l'arrière de la maison, au soleil. Je pensais à mon linge qui séchait au vent et aurait sa fraiche odeur, je pensais aux douces fraises qui mûrissaient tranquillement au potager, je grattais ma table avec application, détendue.
Lorsque père et fils sont revenus, une grosse larme coulant encore sur la joue de GumBoy.
Il s'est cogné, je crois que c'est rien.
Et j'ai vu la bosse, bleue et rouge en son centre, gonflée, énorme
Putain! Drum! c'est pas parce qu'il a mal rincé ta caisse que t'étais obligé de le tabasser à coup de tuyau.
Je faisais ouvrir la bouche au petit homme afin de lui glisser sous la langue quelques granules d'arnica et découvrais une cavité buccale et des dents marrons qui me firent sursauter d'inquiétude jusqu'à ce que je sente l'odeur de son haleine chocolatée.
Thérève, elle m'a fonné du focolat parce que v'ai pleuré
Thérèse, notre voisine qui avait du assister à la scène et était surement en train d'appeler les service sociaux afin de signaler le cas de maltraitance.
Les circonstances de l'accident me furent ensuite narrée en détails alors que je passais la pommade sur la bosse. Des circonstances sommes toutes banales en rapport avec l'action de courir, le port de tongs et la proximité du portail.
L'accident de la bosse fut vite oublié, quelques minutes plus tard je regardais GumBoy cavaler dans le jardin, insouciant, heureux. J'enviais sa belle humeur, sa joie de vivre et sa faculté à résoudre chaque problème avec un morceau de chocolat.

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