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Jan 05

Tu seras un battant mon fils

Samedi, j’ai récupéré GumBoy revenant de vacances Vendéennes chez Papy et Mamie. Mais à peine descendu du train (je te raconterai les aventures du train plus tard) GumBoy n’était plus le même.

Le GumBoy cuvée 2015 était exécrable !

Chiant, insolent, pleurnichard, s’enfermant dans sa chambre à la moindre réflexion, un ado de même pas 6 ans en somme. Je peux t’assurer que DrumMajor et moi étions RA-VIS. Nous avons pas mal temporisé toute la journée du samedi. Chercher des excuses c’est un peu notre croix depuis que nous sommes parents : les dents, les nez bouchés, les cauchemars, l’entrée à l’école, l’arrivée d’une petite sœur, on a fait le tour des excuses potables depuis presque 6 ans. Non, cette fois, il était chiant et n’avait absolument aucune excuse pour ça. 

Dimanche matin, à peine levé, GumBoy recommence, il souffle quand on lui rappelle les règles et prend la tête à MissT qui pour une fois est sage. 

Alors je lui ai demandé d’aller s’habiller chaudement, très chaudement et lui ai intimé d’aller chercher avec moi la galette des rois à la boulangerie, en vélo, parce que c’est celle qui est loin. 

Comme je l’avais prévu, au bout de 10 tours de pédale, GumBoy commençait déjà à râler parce qu’il ne savait plus faire de vélo. Au bout de 200m il avait fait 6 pauses. J’ai été tentée d’aller à la boulangerie toute proche et de rentrer au chaud, mais non ! Je me devais de lui aérer les idées à ce petit insolent. 

Même pas arrivés à la moitié du chemin (aller) GumBoy avait mal aux fesses, aux bras, aux mains, moi j’avais mal aux oreilles de l’entendre se plaindre, mais on a continué, ça allait vite c’était une pente. Plus nous approchions de la boulangerie, plus ça sentait bon la galette, c’était motivant. Nos achats effectués nous sommes remontés sur les vélos et je savais déjà que je n’avais pas fini d’entendre les jérémiades car tout ce que nous avions descendu, il faudrait le REMONTER !

Mais GumBoy commençait déjà à être un peu plus vaillant, il donnait des coups de pédale comme un bon petit cycliste malgré sa tête de mule. Nous nous sommes arrêtés de nombreuses fois bien sûr, mais je plaisantais sur les petits mollets de coq de mon garçon et ça le faisait rire aux éclats finalement. 

A l’heure de la grande côte finale, j’ai cru le perdre. Il m’a dit à la manière d’un dramaturge miniature : « j’abandonne! »

Mais c’est moi qui avait la galette tant convoitée dans mon panier, alors il a trouvé la force de remonter en selle. Cette fin de route fut épique. Je regardais GumBoy râler tout seul, tout bas dans sa moustache à chaque tour de roue. Je me plais à penser qu’il réglait à ce moment ses comptes avec la terre entière, qu’il vidait sa colère et sa mauvaise humeur. 

A l’approche de la maison, je l’entendais chantonner « Mouk, Mouk … ». J’ai su à ce moment que c’était gagné, que la mauvaise humeur s’était envolée avec le vent, que l’énergie qu’il avait dépensé était saine et en moi même j’ai pensé : « Tu seras un battant mon fils ! Tu en as de la détermination et du courage, il suffit de l’orienter vers le but adéquat »

La transformation a été nette, GumBoy a été charmant le reste du weekend. Il a même applaudi et félicité chaudement sa sœur qui, petite veinarde, a eu la fève. 

galette_des_rois_2015.jpg

Je voulais me souvenir de ce moment, ces quelques minutes ou j’ai eu cette impression d’être LA bonne maman, celle qui a LA bonne réaction. Je me sens souvent dépassée par l’éducation de 2 enfants en tout ce que ça implique et toute l’énergie et l’attention que cela demande en 2015 dans ce monde. Cette fois là je pense que mon instinct a été bon. Tu seras un battant mon fils ! 

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